1782 : le château de Beynes

1782 : le château de Beynes devient la propriété d’Adélaïde Diane Hortense Délie Mancini de Nevers née le 27 décembre 1742 et décédée à Neauphle le 2 mai 1808, nièce du comte de Maurepas. Elle était dame d’atours de la Dauphine en septembre 1771. Elle épouse Louis Hercule Timoléon de Cossé-Brissac, duc de Brissac le 28 février 1760 à Paris. Il fut massacré le 8 septembre 1792, à Versailles1. Adélaïde Diane Hortense émigrée à Venise, revient à la Restauration, au château de Neauphle-Le-Vieux mais vend Pontchartrain à M. Carvillon des Tillières-Cossé-Brissac. Louis Hercule Timoléon de Cossé-Brissac, persuadé en 1789 que la Révolution pouvait être dirigée, refusa d’émigrer et voulu rester auprès de Louis XVI, à ceux qui lui témoignaient leur admiration il répondait « je ne fais que ce que je dois à ses ancêtres et aux miens ». En 1791, Louis XVI le nomma commandant de sa garde constitutionnelle. En 1792, il fut arrêté à cause de son attachement au Roi et emprisonné à Orléans pour comparaitre devant la haute cour qui siégeait dans cette ville. Mais un décret de l’Assemblée ordonna son transfert à Paris avec d’autres prisonniers, ils partirent au début du mois de septembre 1792. Puis sur un ordre de la Commune de Paris sollicité par Danton ministre de la justice, ils furent dirigés sur Versailles où les attendait une bande de lâches assassins qui aussitôt leur entrée dans la ville fermèrent la grille de l’Orangerie sur eux. Les tueurs en voulaient surtout au Duc de Brissac auquel ils reprochaient sa sévérité à l’égard des braconniers et son attachement au Roi. Au premier coup de feu que M. de Brissac reçu dans les reins, il se tourna vers ses bourreaux et leur dit « tirez moi un coup de pistolet vous aurez plus tôt fait ». Mais ces infâmes cannibales continuèrent à le percer dans toutes les parties du corps et pendant cet horrible supplice M. de Brissac demeura calme; la tète haute et ne laissa échapper aucune plainte. Mais enfin un coup de sabre l’abattit et aussitôt ses meurtriers coupèrent son corps en morceaux et se le partagèrent. Ce massacre avait été ordonné et payé par Danton, au polonais Lazowski. Extrait de l’histoire de Neauphle-le-Château du XIe siècle à nos jours, par Alfred Prud’homme Le 1 er février 1793, le Conseil d’Administration du District) vote que les biens appartenant à sa veuve et héritière seront portés sur la liste des émigrés.

1558-1559 Contrats pour des travaux au château

In Archives de l’art français –tome XXXIV- Les travaux de Philibert Delorme pour Henri II et son entourage-par Catherine Grodeki Devis et marché de maçonnerie par Jean Chalveau et Jean François pour élever un pavillon sur les fausses-braies du château de Beynes (Avril 1558) « Ensuyvent les ouvraiges de maçonnery que veult et entend faire faire haulte et puissante dame madame de Valentinois, tant en son chasteau de Beines que au lieu de son escurie à St Germain en Laye Et premièrement, aud, chasteau de Bennes faire une salle, chambre et antichambre de telles longueurs et largeurs qu’il sera advisé et ordonné par Monsieur l’abbé d’Ivry, pour laquelle salle chambre et antichambre fault faire les murs maçonnez de blocs, chaulx et sable, crespiz par dehors œuvre pareillement de chaulx et sable et enduitz par dedans œuvre, et iceulx murs faire un avancement sus les faulces brayes et quazemattes qui sont autour dud.chasteau, lesquelz murs auront deux piez d’espesseur, auxquels faut faire des arceaulx de pierre de taille à l’endroict desd. faulces brayes pour y aller et venir comme l’on faict à présent. Item , faire les murs estrayez d’epesseur suffisante pour séparer lad. salle, chambre et antichambre et aultres choses qui seront advisez et ordonnez par led. sieur abbé d’Ivry, lesquelz seront maçonner de bloc, chaulx et sable, enduictz tant d’ung costé que d’aultre. Item faire les tuyaulx, manteaulx, faulx manteaulx et jambaiges des chemines desd. salle et antichambre sy besoing est, lesquelzseront maçonnez de bricque, chaulx et sable, pareillement faire les cloisons, aires, planchiers et lambritz qu’ilz seront nécesssaires. Item, faire et eriger en iceulx murs les huisseryesn croisées et demyes croisées, corniches, arquitraves, jambes soubz poutre, encoignures et escalliers, le tout de pierre de taille sy bon semble aud. sieur abbé d’Ivry et ainsy qu’il sera par luy advisé et ordonné. Marche de couverture et de plomberie par Blaise Regny et Denis Le Breton pour couvrir la salle et la chambre du Roi (19 Mai 1559) Blaze Regny et Denis Lebreton, maistres couvreurs de maisons demourans à Paris , confessent avoir faict marché et convenance avecq messire Philibert Delorme, abbé d’Ivry de faire et parfaire…les ouvraiges de couverture d’ardoyse qu’il convient faire de neuf pour madame la duchesse de Valentinois en son chasteau de Beyne ainsi qu’il s’ensuit, c’est assavoir de couvrir de neuf le dessus de la salle et chambre du Roy et aultres lieux et endroictz dud.chasteau qui seront necessaires et leur sera commandé par led. sieur abbé d’Ivry et y besongner diligement sans discontinuiter, et pour ce faire fournir à leurs despens toute l’ardoyse, latte, contrelatte, champlatte, cloud et aultres choses à ce necessaires, le tout bon leal et marchant, et paier peine d’ouvriers. Ce marché faict moiennant la somme de quatre livres tournois pour chacune toise contenant trente six pieds pour toyse, quil leur sen sera paiée aufeur et ainsi qu’ilz feront lesd.ouvrages. Et si promette comme desus emploier et faire asseoir à leur despens de peine seullement tout le plomb qu’il conviendra emploier pour faire lesd.ouvrages, moiennant quatre deniers tournois pour chacune livre dudict plomb qui leur sera payée comme dict est …. Fait et passé l’an mil VC cinquante neuf le vendredi dixneufiesme jour de may. Marché pour Guillaume Vaillant pour faire la charpenterie de la chambre, antichambre et salle du Roi (9 Septembre 1559) Ensuivent les ouvrages de charpenterie qu’il convient faire de neuf pour haulte et puissante dame madame la duchesse de Valentinois en son chasteau de Beyne, pour faire et ediffier de neuf deux corps d’hostelz qui contiendront chacun huict toises de long sur quatre toises de large ou environ, ainsi que cy après sera déclaré et en la manière qui s’ensuit. Et premièrement, fault faire la charpenterie des planchers du corps d’ostel sur le jardin auquel sera la chambre du Roy et une antichambre à costé, assavoir deux planchers l’un sur l’autre à l’endroict de lad.chambre du Roy et troys planchers l’un sur l’autre à l’endroict de lad.antichambre du Roy garny d’une poultre et lesd.planchers à l’endroict de lad. antichambre garny chacun de deux poultres, chacune desd.poultres de la longueur qu’il apartient et de telle grosseur qu’il sera advisé pour le mieulx, refueillées par-dessus, garnies chacune de deux lambourdes, sablières au long des murs, et peupler par-dessus lesdd.poultres et sablières de sollives des longueurs et grosseur qu’il appartiendra et telles qu’elles seront livrées sur le lieu, le tout taillé, et couvrir et enfonsser les entrevoulx desd. sollives d’aiz, rabottez clouez sur lesd.sollives, lesquelles sollives seront espassées autant plain que wyde. Item, fault faire la charpenterie des deux combles en forme de pavillons audessus dud. corps d’ostel garniz de plattes formes faictes de sablières sur les murs et les combles audessus faictz d’aiz joinctifz ceintrez ne façon de courbes assemblez en lyaison l’un contre l’autre, espassez à deux pieds l’un de l’autre et garnys de lyarnes par voye. Item, fault faire les troys planchers de l’autre corps d’ostel auquel sera la salle, dont les deux premiers planchers l’un sur l’autre qui seront de la longueur dud.corps d’ostel seront garnyz chacun de troys poultres et troisyème qui ne contiendra que la moytié de la longueur dud.corps d’ostel sera garny de deux poultres , chacune d’icelles poultres garnies de deux lambourdes et sablières au long des murs, peuplées de sollives et aiz de pareille façon que les autres planchers devant declarez. Item fault faire la charpenterie des deux combles en façon de combles de forme ronde au dessus dud.corps d’ostel garniz de plattes formes, courbes et lyarnes, le tout de pareile façon que dessus. Pour faire tous lesquelz ouvrages fault abattre et démolir la charpenterie des vieilz planchers et mectre le boys lors de la demolicion dedans la court sud.chasteau. Plus…fera ung petit pont de charpenterye pour entrer de la salle à la chambre de la largeur de quatre piedz dans œuvre, peuplé par-dessus les sablières de sollives et enfonc » d’aiz avecques des appuyes par les coustez. Guillaume Vaillant, maistre charpentier à Paris, confesse avoir faict marché et convenu avec haulte et puissante dame madame Dianne de Poitiers, duchesse de Valentinoys, dame de Beyne, absente, noble et scientifique personne Messire Philibert Delorme, abbé d’Ivry, à ce présent et stipulant pour icelle dame, de faire et parfaire pour lad.dame en sond. chasteau de Beyne, les ouvrages de charpenterie contenuz et déclarez au deviz cy devant escript, et pour ce faire sera tenu led.Vailant querir, fournir à ses despens chasbles, engins, peine d’ouvriers et d’aydes seullement et lad. dame sera tenue querir, fournir et faire livrer sur le lieu à l’endroict ou il sera le plus convenable tout le boys qu’il conviendra pour ce faire, et faire aussi aux despens de lad.dame tous les sciages à ce necessaires, et oultre moyennant et parmy le pris et somme de sept cent livres tournois qui pour tous lesd.ouvrages en sera baillé aud.Vaillant au feur et ainsi qu’il fera lesd.ouvrages, esquelz il sera tenu besongner et faire besongner en la plus grande dilligence que faire se pourra jusques à plaine et entière perfection, et le tout rend faict et parfaict…le plus tot que faire se pourra… Faict et passé l’an mil VC LIX le samedy Ixe jour de septembre

Le château médiéval de Beynes

La ville de Beynes, possède un trésor architectural méconnu : son château médiéval. Depuis le XIIe siècle, il a appartenu à de grandes familles proches du pouvoir royal, des Estouteville aux Pontchartrain en passant par Anne de Pisseleu et Diane de Poitiers, la propriétaire la plus célèbre.

 

En 1732, commence la lente agonie du château. Il est vendu comme carrière de pierres puis tombe dans l’oubli jusqu’au milieu du XXe siècle où un passionné, monsieur Legoy, le rachète et entreprend de le redécouvrir avec une armée de jeunes bénévoles. En 1967, la commune de Beynes s’en porte acquéreur. 

Classement du château

L’ensemble des vestiges médiévaux constitués par le château et les douves, propriétés communales, sont inscrits à l’inventaire supplémentaire des Monuments Historiques par arrêté ministériel du 18 novembre 1959.

 

Et par un arrêté de la ministre de la Culture et de la communication du 17 janvier 2014, a classé au titre des monuments historiques le château de Beynes.

 

La présente mesure génère un périmètre de protection dit « périmètre d’abords » de 500 mètres autour du bâtiment concerné.

Le chateau

Le château de Beynes

Quand on verra touffus grands arbres et buissons

Et que feront leurs nids les verdiers, les pinsons,

Nous irons visiter ces pierres ignorées

Que, dans Beynes, l’on voit par le lierre entourées.

Tu verras ce donjon, que la ronce a couvert,

Parer son front fendu sous un panache vert,

Et, squelette orgueilleux de sa splendeur passée,

Sur ses vastes débris concentrer ta pensée ;

Alors tu songeras à ces temps malheureux

Où le manant vivait sous un joug rigoureux.

 

De ce castel, hélas ! Nous ignorons l’histoire ;

Pour la faire surgir du fond d’une écritoire,

Il faudrait un travail que je ne ferai pas,

Mais, qui pour un savant, peut avoir des appas.

 

Toi, dont la plume élégante et facile,

A l’inspiration, est toujours si docile,

Tu pourrais découvrir pourquoi ce fort château,

Au lieu d’être perché sur le haut du coteau,

Cachait sa masse épaisse au fond de la vallée

Comme cache un sultan sa sultane voilée.

 

Allons, raconte-nous le sièges, les combats

Qu’ont, jadis, vus ces murs, et les bruyants ébats.

Qu’y prenait le baron, dont la simple sentence

Envoyait les vilains danser, à la potence !

Peints-nous ce châtelain, en harnais de métal,

Bourru, gourmand, ivrogne, ignorant et brutal !

Apprends-nous les secrets de ces vieilles ruines

Où nichent aujourd’hui chouettes et fouines ;

Fais revivre au soleil ce seigneur blasonné

Qui, dans ces murs épais, vivait emprisonné.

Si ce n’est un baron, tu peux le faire comte ;

Toujours est écouté celui qui bien raconte.

 

Que n’avons-nous ici le docte Charbonnier

Pour peindre ce château de la cave au grenier !

Sa muse infatigable, en moins d’une semaine,

Aurait levé le plan de ce vaste domaine

Et, fait, devant nos yeux, vivre les habitants

Qu’abritèrent ces murs ébréchés par le temps.

 

 

Quentin Mairel

Membre de l’Union des poètes

(Journal La Concorde du 19 février 1865 )

Le chateau médiéval de Beynes (2011 à 2014)

Photos de 2011 à 2015

Les casemates (photos de 2011 à 2015)

Restauration du ravelin en 2015

La passerelle 30 septembre 2015

Création : SADY (Service archéologique départemantal des Yvelines - Les pavillons de Philibert Delorme au XVIe siècle



Beynes (Yvelines), Entrée est du château : rapport de diagnostic

L'étude documentaire menée sur le château de Beynes aura permis de rassembler les études existantes, et de rendre compte de l'histoire du bourg et surtout de l'édifice militaire et résidentiel objet d'un futur aménagement. S'il ne s'agit pas ici que d'une synthèse dans la mesure où deux études ont déjà été réalisées dans le cadre des travaux à venir (cf. Corvisier et Cléris), celle-ci rend compte de la forte probabilité à rencontrer des vestiges archéologiques sur des emplacements clés de l'opération de restauration et de mise en valeur, principalement au niveau des entrées est et ouest de la future passerelle. Une opération de terrain a été réalisée suite à cette étude d'archives. Le diagnostic archéologique a été mené entre le château et son accès à l'est. Cette opération a révélé des structures bâties : un mur et deux tours semi-circulaires. Il s'agit de constructions liées aux douves et au château, remontant au XIIIe-XIVe siècle. On sait que la Mauldre circulait le long de cet ensemble mis au jour. L'emprise réduite de l'opération archéologique a permis d'étayer les hypothèses relatives à l'aménagement de l'espace autour du château sans toutefois y apporter de conclusions définitives.

 

Decock Ludovic


Le système des latrines (Source ADY)

Le nombre de latrines et leur arrangement fut à la mesure des remaniements des espaces habitables et militaire du château. Les latrines des anciennes tours furent conservées sauf celle de la tour sud-ouest. Pour desservir le logis sud, une tour des latrines fit son apparition. Le logis nord plus modeste dut se contenter pour le rez –de- chaussée d’une latrine aménagée dans une tour du châtelet d’entrée côté rivière, à la place de la guette. Les espaces de veille militaire furent soignés, ce qui confirme la volonté de rendre le château opérationnel. Au rez-de-chaussée, le boulevard d’artillerie fut doté de trois latrines ménagées dans l’épaisseur du rempart extérieur. Toutes les trois étaient situées du côté sud, sans que l’on voit pourquoi la partie nord en était dépourvue. Au sous sol dans le couloir casematé, quatre latrines furent disposées à égale distance l’une de l’autre , elles sont placées de telle sorte qu’il y en ait au moins une par section de couloir susceptible d’être fermée par deux portes opposées, afin de rendre chacune de ces sections autonomes. Les latrines étaient raccordées à un réseau d’évacuation complexe mal connu car comblé. Il semble se répartir symétriquement en deux branches, qui collectent chacune trois ou quatre latrines. Elles se déversent par des canalisations qui passent sous le couloir casematé et débouchent dans le fossé par des orifices aménagées en partie basse. Ceux-ci servent aussi à évacuer les latrines aménagées aux étages dans la courtine extérieure. Ce réseau était accessible à des fins de vidange et de nettoyage par des ouvertures voutées pratiquées dans le mur du couloir casematé et donnant accès aux conduits verticaux. Quatre reprennent les ouvertures des latrines du XIIème siècle, et restent de simples ouvertures rectangulaires s’ouvrant à un mètre du sol du couloir. Celles créées pour les logis bénéficient d’ouvertures plus importantes, véritables portes donnant dans le couloir avec un arc clavé, mesurant pour l’une 1.20 m de large et l’autre 0.95 m de large pur1,70 m de haut.